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Diplomatie : la RDC s’offre un siège stratégique en face de l’ONU à New York

La République démocratique du Congo (RDC) a acquis un immeuble de cinq étages situé en face des bureaux du Organisation des Nations unies, à New York, afin d’y installer la Représentation permanente du pays auprès de l’instance internationale. Selon les informations, ce bâtiment est destiné à accueillir les services diplomatiques congolais accrédités auprès de l’ONU, dans le cadre du renforcement de la présence diplomatique de la RDC au siège de l’organisation internationale.

La Première ministre, Judith Suminwa, a indiqué mardi 10 mars 2026 aux diplomates congolais que l’immeuble fera l’objet de travaux de réhabilitation. Elle a précisé que ces travaux devraient permettre, dans un délai d’environ deux ans, d’y installer l’ensemble des services de la représentation diplomatique congolaise.

D’après des diplomates congolais basés à New York, le projet prévoit également une extension de l’infrastructure existante. À terme, les autorités congolaises envisagent l’érection d’un bâtiment moderne de dix étages afin de répondre aux besoins administratifs et diplomatiques de la mission permanente de la RDC auprès des Nations unies.Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités congolaises de moderniser les infrastructures diplomatiques du pays et d’améliorer les conditions de travail des représentants congolais accrédités auprès de l’Organisation des Nations unies.

Fabrice Kabamba

RDC : la DGI accorde un délai exceptionnel jusqu’au 16 mars pour les déclarations fiscales de février

La Direction générale des impôts (DGI) a rappelé aux contribuables assujettis aux différentes obligations fiscales que la date limite de dépôt des déclarations relatives au mois de février 2026 est fixée au 15 mars 2026, selon un communiqué officiel signé à Kinshasa le 9 mars par la régie financière.

Dans ce document, la DGI précise que cette échéance concerne notamment le dépôt et le reversement de la retenue mensuelle de l’Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) dans la catégorie des revenus salariaux et assimilés, le prélèvement exceptionnel à charge des entreprises employant du personnel expatrié, ainsi que les retenues liées aux revenus des capitaux mobiliers et aux plus-values réalisées par les personnes physiques. Elle concerne également le prélèvement sur les sommes payées aux prestataires de services non-résidents et la déclaration de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Toutefois, la DGI souligne que l’échéance du 15 mars 2026 tombant un dimanche, les contribuables concernés sont exceptionnellement autorisés à soumettre leurs déclarations au plus tard le lundi 16 mars 2026, afin de se conformer à leurs obligations fiscales. L’administration fiscale invite ainsi l’ensemble des contribuables concernés à respecter ces délais afin d’éviter les pénalités prévues par la législation fiscale en vigueur en République démocratique du Congo.

Fabrice Kabamba

À Washington, John Banza positionne la RDC comme pivot des corridors africains

La République démocratique du Congo veut jouer un rôle déterminant dans la dynamique d’intégration du continent africain. C’est le message porté par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, lors de sa participation au forum international « Transforming Transportation », organisé ce mardi 10 mars au siège de la Banque mondiale à Washington. Au cours de son intervention devant des experts, des responsables politiques et des partenaires financiers internationaux, le ministre congolais a présenté la vision du gouvernement visant à faire de la RDC un acteur stratégique de l’interconnectivité régionale. Selon lui, le développement des infrastructures de transport constitue un levier essentiel pour stimuler la croissance économique, faciliter les échanges commerciaux et améliorer les conditions de vie des populations.

John Banza Lunda a notamment souligné l’importance de renforcer les corridors internes afin de connecter les zones de production aux grands axes régionaux. Pour le gouvernement congolais, ces infrastructures doivent permettre de désenclaver plusieurs régions du pays tout en facilitant les échanges avec les pays voisins. Le ministre s’est également attardé sur le potentiel du corridor de Lobito, un projet stratégique reliant la RDC à l’Angola et à la Zambie. Ce corridor, a-t-il expliqué, représente une opportunité majeure pour développer les échanges économiques et renforcer la coopération régionale, à condition qu’il soit soutenu par des réseaux routiers et logistiques performants à l’intérieur du territoire congolais.

En marge du forum, le ministre a lancé un appel aux partenaires internationaux, en particulier à la Banque mondiale, pour soutenir les efforts de modernisation des infrastructures en RDC. Pour Kinshasa, l’amélioration de la connectivité nationale et régionale est un élément clé pour réussir l’intégration économique du continent. À travers cette participation au forum « Transforming Transportation », la RDC entend ainsi mettre en avant son potentiel géographique et économique, avec l’ambition de devenir un carrefour stratégique des échanges en Afrique.

Jamely Timothée Kayembe

Goma frappée par des drones : 3 morts dont un expatrié, la psychose gagne la ville

La ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu actuellement sous contrôle du Mouvement du 23 mars, a été secouée par de violentes explosions aux premières heures de ce mercredi 11 mars. Selon plusieurs témoignages, au moins deux détonations ont été entendues vers 4 heures du matin. Des drones auraient visé un quartier résidentiel : un premier engin serait tombé dans le lac Kivu, tandis qu’un autre a frappé une zone habitée, semant la panique parmi les habitants encore endormis.

Le bilan provisoire fait état de trois morts et d’importants dégâts matériels. Parmi les victimes figure un ressortissant français engagé dans l’action humanitaire. L’explosion a touché un complexe résidentiel abritant notamment des travailleurs d’organisations internationales. Plusieurs habitations ont été endommagées, selon des images relayées sur les réseaux sociaux. La zone ciblée se situe non loin de la résidence de l’ancienne Première dame Olive Lembe Kabila.

Le M23 accuse les autorités de Kinshasa d’être à l’origine de la frappe, affirmant qu’elle a visé une zone éloignée des combats. Aucune réaction officielle du gouvernement congolais n’a encore été enregistrée. Cette attaque, présentée comme une première depuis la prise de Goma par la rébellion, ravive les tensions dans l’est du pays. Elle intervient quelques jours après une autre frappe à Rubaya qui avait notamment coûté la vie à Willy Ngoma, porte-parole militaire du mouvement.

Jean Ngaviro

Drame à Mambasa : Deux jeunes engloutis dans un puits d’or, un seul corps repêché

Deux jeunes garçons, originaires de Lubero et dont les identités n’ont pas été révélées, ont trouvé la mort dans un puit d’or situé au carré minier Mabasimba, à 2 km de la RN44, dans la localité de Masangé, chefferie de Babila-Bakwanza, territoire de Mambasa, en Ituri.

Selon Yuma Kayo Bienvenue, chef de la localité, interrogé par notre confrère Roger Kakulirahi, les deux infortunés se sont noyés alors qu’ils faisaient la lessive à proximité du puits. Ce mardi 10 mars 2026, les équipes de secours ont réussi à repêcher l’un des corps, tandis que le second reste prisonnier des profondeurs. Ces jeunes étaient partis dans ce milieu dimanche pour se désaltérer et se baigner. L’un n’a pas pu se sauver, et son ami, en tentant de lui porter secours, a également été emporté par l’eau », explique notre source.

Le chef de localité appelle la population à la plus grande prudence face aux puits abandonnés par les creuseurs d’or dans cette zone. Le premier corps a été déposé au carré minier pour les besoins de l’inhumation, tandis que les recherches du second se poursuivent.

Jamely Timothée Kayembe

RDC : Le CREFDL salue la suspension du DG du BCECO mais exige un audit indépendant sur les projets de développement

Dans un communiqué publié, lundi 9 mars 2026, le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) salue la décision du Ministre des Finances, suspendant le Directeur général du Bureau Central de Coordination (BCECO), suite aux accusations de mauvaise gestion dans les projets de développement en RDC.

Cependant, le CREFDL estime que les choses devraient aller un peu plus loin. Il accuse ainsi le Ministère des finances d’avoir violé plusieurs textes réglementaires, dont l’article 13 de la Loi relative aux marchés publics, le Décret n°10/32 du 28 décembre 2010, ainsi que la Loi de finances annuelle. Cette situation compromet, selon l’organisation, la qualité de la dépense publique et l’amélioration des conditions de vie des populations urbaines et rurales. L’association demande ainsi la réalisation d’un audit indépendant portant sur tous les projets confiés au BCECO et aux autres agences d’exécution depuis 2020, afin d’évaluer leur impact réel sur le développement local.

Le CREFDL formule également des recommandations claires au Gouvernement dont le respect de la législation sur les marchés publics et les affectations budgétaires prévues, en renonçant aux entités ad hoc. Aux organes de contrôle (IGF et Cour des Comptes) : auditer l’ensemble des projets de développement pour garantir transparence et efficacité dans l’utilisation des fonds publics. Pour l’organisation, seule une gestion rigoureuse et transparente des projets d’investissements publics permettra de générer des résultats concrets pour la population congolaise.

Jamely Timothée Kayembe

Nord-Kivu : Une maladie inconnue décime les animaux domestiques à Rutshuru

Une maladie d’origine encore inconnue affecte les animaux domestiques dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, provoquant des pertes économiques importantes et suscitant des inquiétudes sanitaires au sein de la population locale. Selon des témoignages recueillis, ce mardi 10 mars 2026, la maladie touche principalement les chèvres et les vaches. Les animaux malades présentent des écoulements blanchâtres au niveau des narines ainsi que des diarrhées persistantes.

Les professionnels de santé mettent également en garde contre les risques sanitaires liés à cette situation. Dans plusieurs familles rurales, les animaux domestiques partagent souvent le même espace d’habitation que les humains, une pratique qui pourrait favoriser la transmission de certaines maladies.

« Cette promiscuité pourrait exposer les habitants à certaines maladies, surtout en cas de pathologies transmissibles », a alerté le docteur Bisimwa Hamuli, médecin généraliste.

Au-delà des risques sanitaires, les conséquences économiques sont déjà visibles. Sur le marché local, la valeur marchande des animaux infectés chute considérablement. Une chèvre qui se vendait habituellement autour de 50 dollars américains peut être cédée à seulement 20 dollars, entraînant des pertes importantes pour les familles vivant de l’élevage. Face à cette situation, les vétérinaires recommandent aux habitants de séparer strictement les espaces d’habitation humaine de ceux réservés aux animaux afin de limiter les risques de contamination.

Jamely Timothée Kayembe

Kinshasa : Scandale au sein de la police, trois agents arrêtés aux côtés de braqueurs

À la suite de quelques remous sociaux constatés le lundi 9 mars sur la route nationale numéro 1, dans la partie Est de Kinshasa, le commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC) ville de Kinshasa s’est rendu dans les quartiers Mikonga, Bibwa et BAT pour une réunion de sécurité. Celle-ci visait à définir de nouvelles stratégies afin de contrer la recrudescence de l’insécurité dans cette zone. En collaboration avec les différentes autorités municipales, et au regard des plaintes de la population ainsi que des renseignements recueillis par les services compétents, Israël Kantu Bakulu a pris plusieurs mesures préventives. Il a notamment rappelé le commandant du district ainsi que certains officiers à l’état-major provincial. Parmi les décisions prises figurent également l’installation de points chauds à Mikonga et à BAT, ainsi que l’intensification des patrouilles pédestres.

Ces opérations seront supervisées personnellement par le commissaire provincial dès ce soir afin de traquer les criminels qui opèrent dans cette partie de la capitale. À l’état-major du district, le commandant de la police ville a appelé les policiers à accomplir leur mission principale : protéger les Kinois et leurs biens, tout en respectant les droits de l’homme. Sur place, plusieurs suspects ont été présentés. Il s’agit notamment d’un policier recruté irrégulièrement, arrêté pour viol lors d’une patrouille nocturne, de deux policiers interpellés pour le vol d’une somme de 4 800 dollars dans une maison lors d’une patrouille, ainsi que de deux braqueurs appréhendés alors qu’ils se préparaient à mener une opération à Kingasani.

Le chef de la police kinoise a ordonné le transfert immédiat des policiers impliqués à l’auditorat militaire afin qu’ils soient jugés en audience foraine. Il a par ailleurs appelé la population au calme et à faire confiance à la police, qui poursuit ses efforts pour traquer les criminels partout où ils se cachent.

Jamely Timothée Kayembe

Matadi mobilisée : Une vaste campagne contre la rougeole, la rubéole et la poliomyélite dès le 24 mars

Une campagne de vaccination contre la rougeole, la rubéole et la poliomyélite se tiendra du 24 au 28 mars 2026 à Matadi, dans la province du Kongo Central, au sud-ouest de la République démocratique du Congo. Cette opération de santé publique nécessitera une logistique importante dans les différentes zones de santé, ont indiqué les organisateurs à l’issue d’une séance de travail tenue mardi avec l’autorité urbaine.

Selon le docteur Ruth Yala, assistante technique chargée de la vaccination et de la surveillance dans la zone de santé de Nzanza, la délégation sanitaire s’est rendue auprès du maire de la ville pour annoncer officiellement la tenue de cette campagne et solliciter l’appui des autorités locales. « Nous sommes venus voir le maire de Matadi, Dominique Nkodia, essentiellement pour deux points. D’abord, lui annoncer qu’il y a une campagne de vaccination qui va se dérouler à partir du 24 mars contre la rougeole, la rubéole et la poliomyélite. Le deuxième objectif était de faire un plaidoyer, parce que c’est une grande campagne qui nécessite une logistique importante dans nos différentes zones de santé. La vaccination est le seul moyen de protéger les enfants », a-t-elle déclaré.

Les autorités sanitaires comptent sur la collaboration des autorités politico-administratives, des relais communautaires ainsi que des partenaires du secteur de la santé afin d’assurer la réussite de cette opération. L’objectif est de renforcer la protection des enfants contre ces maladies évitables par la vaccination et de prévenir d’éventuelles flambées épidémiques dans la province.

Fabrice Kabamba

Est de la RDC : Pourquoi la guerre s’enlise malgré les initiatives de paix ? Un rapport appelle à un sursaut stratégique

Un rapport publié en 2026 par l’institut congolais Ebuteli et le programme de recherche belge Refract tente d’expliquer pourquoi les violences persistent dans l’est de la République démocratique du Congo, en dépit des nombreuses initiatives de paix engagées ces dernières années. Les chercheurs estiment que les conflits dans cette partie du pays ne peuvent être réduits à une cause unique. Selon eux, la guerre résulte d’un enchevêtrement de facteurs : rivalités politiques, tensions intercommunautaires, intérêts économiques liés notamment aux ressources naturelles, ainsi qu’un lourd héritage historique de conflits mal résolus.

Le rapport prend l’exemple de la province de Ituri pour illustrer la complexité de la situation. Cette région a été le théâtre d’une guerre particulièrement meurtrière entre 1999 et 2005, impliquant des groupes armés locaux ainsi que les armées de Ouganda et du Rwanda. Après une période d’accalmie relative, les violences ont resurgi avec l’émergence du groupe armé CODECO, dans un contexte où les tensions communautaires n’avaient jamais été pleinement apaisées. Pour les auteurs, cette dynamique montre que l’absence de solutions durables favorise la résurgence cyclique des conflits.

Les chercheurs soulignent que les actions locales de paix — dialogues communautaires, campagnes de sensibilisation ou projets de cohésion sociale — demeurent insuffisantes si elles ne s’inscrivent pas dans une stratégie globale. Ils appellent à une implication plus forte des autorités nationales et des pays de la région, ainsi qu’à un véritable processus politique pour résoudre durablement les crises, notamment celle liée au groupe rebelle M23. Le rapport recommande enfin de renforcer le rôle de la société civile et d’accroître la pression internationale sur les acteurs impliqués, afin d’éviter que les violences ne se répètent indéfiniment dans l’est du pays.

Charles Mapinduzi