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Tshikapa : Les agents de santé réclament le paiement de leurs arriérés de sept mois

Les agents et cadres de santé de Tshikapa dans la province du Kasaï, ont organisé, ce vendredi 6 mars 2026, un sit-in devant le gouvernorat, pour réclamer le paiement de leurs sept mois de salaire. Réunis au sein de la Coordination intersyndicale de la santé, ils ont remis un mémorandum au vice-gouverneur et gouverneur intérimaire Bokele Djoy Ley, afin d’exiger le paiement immédiat leurs arriérés couvrant plusieurs mois entre 2025 et 2026.

Les manifestants réclament également l’intégration de la paie complémentaire dans le salaire ordinaire, ainsi que l’alignement des primes et salaires pour tous les agents encore non rémunérés. Les syndicats préviennent qu’en l’absence d’une réponse concrète dans un délai de sept jours, une grève générale sera déclenchée dans toutes les structures sanitaires de la province.

En réaction, Bokele Djoy Ley a reconnu la gravité de la situation et a promis l’ouverture rapide de discussions avec les représentants syndicaux. Il a appelé les manifestants au calme, tandis que la crise salariale continue de fragiliser le fonctionnement des services de santé dans la province du Kasaï.

Jérémie Ngunga Léman

Crise en RDC : Les États-Unis annoncent des restrictions de visa aux responsables rwandais pour leur soutien au M23

Le Département d’État américain annonce, ce vendredi 6 mars 2026, une série de restrictions de visa visant plusieurs hauts responsables rwandais, accusés de s’impliquer dans l’instabilité dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon le communiqué officiel, ces personnes continuent de soutenir le groupe rebelle M23 et violent les Accords de Washington signés pour instaurer un cessez-le-feu durable dans la région. Washington considère que leurs actions aggravent la violence et compromettent la stabilité dans la région de Grands Lacs.

Les États-Unis rappellent que toutes les parties aux Accords de Washington doivent mettre en œuvre leurs engagements. Concrètement, la RDC est tenue de neutraliser immédiatement le groupe armé FDLR et ses alliés, tandis que le Rwanda doit retirer ses troupes et son matériel militaire du territoire congolais. Le Département d’État souligne que seule une mise en œuvre effective de ces engagements permettra de libérer le potentiel économique important de la région et de consolider la paix. Les individus jugés responsables ou complices de blocages à une paix durable dans les Grands Lacs feront face à des sanctions, incluant des restrictions d’entrée aux États-Unis.

La politique de restriction de visa repose sur la Section 212(a)(3)(C) de la loi américaine sur l’immigration et la nationalité, qui permet de déclarer inéligible toute personne dont l’entrée aux États-Unis pourrait avoir des conséquences graves sur la politique étrangère américaine. Le communiqué précise que certains membres de la famille des responsables ciblés peuvent également être concernés. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie américaine de pression diplomatique et économique pour favoriser une résolution pacifique du conflit dans l’est de la RDC et soutenir la stabilité régionale.

Jean Ngaviro

Drame au Kasaï : Un homme se suicide après la mort de son enfant à Luebo

Un drame familial s’est produit, ce vendredi 6 mars 2026, dans la province du Kasaï. Un homme s’est donné la mort par pendaison après avoir appris le décès de son enfant, dans le village Ngomba, situé dans le groupement Bakua Tshishimbula, secteur de Luebo Kabambaie, en territoire de Luebo. Selon des sources locales, l’homme, profondément affecté par la perte de son enfant, n’aurait pas supporté le choc émotionnel lié à ce décès, et c’est dans ce contexte de forte détresse qu’il aurait mis fin à ses jours.

Le corps sans vie a été découvert par des habitants du village, provoquant une vive émotion au sein de la communauté locale. Les autorités et les notables du milieu ont été informés afin de prendre les dispositions nécessaires.

Ce nouveau drame rappelle l’importance de l’accompagnement psychologique et du soutien communautaire aux familles confrontées à des situations de deuil particulièrement difficiles.

Jamely Timothée Kayembe

RDC : Un jeune ingénieur fabrique un mini-tracteur à Goma, un autre teste une fusée artisanale à Kinshasa

De jeunes Congolais continuent de faire preuve de créativité et d’innovation sur toute l’étendue du territoire national. Dans la ville de Goma, l’ingénieur congolais Désiré Kabengele, formé à l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA), a mis au point un mini-tracteur multifonctionnel destiné à faciliter le travail des petits agriculteurs africains. Pensé pour être simple à utiliser et accessible financièrement, cet équipement peut labourer les champs, débroussailler et aider à l’entretien des surfaces agricoles. Cette invention a été développée au sein de son entreprise Desire Tech dans une logique d’industrialisation locale et de promotion du « made in Congo ».

Le jeune ingénieur ne s’arrête pas à ce projet. Il s’est déjà illustré par plusieurs autres innovations technologiques. Parmi elles, un système capable de transformer les déchets plastiques en carburant ainsi qu’un tapis de course écologique qui fonctionne sans électricité. Ces inventions montrent que la jeunesse congolaise peut proposer des solutions concrètes aux défis de l’agriculture, de l’environnement et même de la santé. Mais malgré ce potentiel, beaucoup de ces initiatives manquent encore de soutien et d’accompagnement pour être développées à grande échelle et faire rayonner la RDC dans le domaine technologique.

Pendant ce temps, dans la commune de la Gombe à Kinshasa, un autre jeune Congolais a fait parler de lui. Il s’agit de Francis Kalonji, diplômé d’État en mécanique, qui a présenté ce vendredi 6 mars 2026, au ministre de la Recherche scientifique José Mpanda, un prototype de fusée propulsée par de l’eau et de l’air comprimé. Lors de la démonstration, l’engin a été lancé devant plusieurs spectateurs.

Même si la fusée est retombée de manière incontrôlée après le décollage, l’initiative a été saluée par le ministre, qui a promis d’intégrer le jeune inventeur au Centre national de télédétection. Comme le diraient nombreux observateurs, ces initiatives sont la preuve du génie et de la créativité de la jeunesse congolaise, mais aussi la nécessité pour l’État d’investir davantage dans la recherche scientifique et l’innovation pour booster le savoir-faire des Congolais.

Charles Mapinduzi

RDC : l’UNPC durcit les règles pour obtenir la carte de journaliste

À travers un document daté du 3 mars 2026 dont une copie est parvenue ce vendredi à Netic News, le président de la corporation des journalistes de la RDC, Bauduin Kammanda, a rendu public de nouvelles exigences pour l’obtention de la carte professionnelle de journaliste en République démocratique du Congo. Cette décision, souligne le document, met en avant quatre conditions déontologiques essentielles destinées à renforcer la crédibilité et le professionnalisme dans la presse congolaise.

Parmi ces conditions, figure d’abord l’adhésion formelle au code congolais de déontologie et d’éthique professionnelle. Les candidats ne doivent également faire l’objet d’aucune sanction disciplinaire non levée. La mesure vise à garantir l’intégrité et la responsabilité des professionnels des médias.

“Les journalistes doivent en outre s’engager à exercer leur métier dans le respect des principes fondamentaux de la profession, indépendance et exactitude de l’information, responsabilité sociale et respect de la dignité humaine. Ces valeurs sont considérées comme le socle d’un journalisme crédible et au service du public », lit-on dans le même document.

Il convient de préciser que l’obtention de la carte professionnelle exige la preuve d’un exercice effectif et régulier du métier. Les postulants doivent produire des œuvres journalistiques récentes et justifier d’un lien professionnel avec un organe de presse légalement établi en République démocratique du Congo. Cette mesure vise à s’assurer que la carte est réservée aux praticiens actifs du journalisme.

Jérémie Ngunga Léman

Kinshasa : La réhabilitation de l’avenue Kabambare franchit la barre des 65 %

Les travaux de réhabilitation de l’avenue Kabambare, dans le tronçon compris entre la Clinique Oasis et l’avenue des Huileries, dans la commune de Kinshasa, ont atteint un taux d’exécution de 65 %.

Lancé le 26 mars 2025, ce projet est financé par le gouvernement central et exécuté par l’entreprise Safrimex. L’ingénieur Théophile Mabiala, chef de chantier, qui s’est exprimé ce vendredi à l’agence congolaise de presse, a indiqué que les travaux avancent progressivement sur cet axe routier situé dans le nord de la capitale de la République démocratique du Congo.

D’après la même source, le chantier devrait être achevé dans les prochains mois, avec pour objectif d’améliorer la circulation et l’état de cette voie importante reliant plusieurs quartiers de la ville.

Jérémie Ngunga Léman

Sommet de l’EAC à Arusha : La RDC face à un test diplomatique sur la crise dans l’Est

À Arusha, les ministres des Affaires étrangères et de l’Intégration régionale des pays membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) se sont réunis ce vendredi 6 mars pour préparer le sommet des chefs d’État prévu ce samedi 7 mars.

Cette rencontre ministérielle vise notamment à examiner l’agenda du sommet et à finaliser le rapport des experts sur l’état d’avancement de l’intégration régionale dans l’espace est-africain. La République démocratique du Congo y est représentée par son ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni.

La veille, les ministres ont également procédé à la désignation de deux nouveaux juges à la Cour de justice de l’Afrique de l’Est, l’un originaire du Kenya et l’autre du Soudan du Sud.

Officiellement, le sommet des chefs d’État doit se pencher sur des questions liées à l’intégration économique régionale, au commerce et à la stratégie de développement de la communauté pour les prochaines années. Mais dans les coulisses, la situation sécuritaire dans l’est de la RDC risque d’occuper une place importante dans les discussions.

La persistance des violences dans cette région continue en effet d’alimenter les tensions entre Kinshasa et certains partenaires de la communauté, notamment en raison du conflit qui secoue les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Pour la RDC, ce sommet représente donc un véritable test diplomatique. Les relations avec certains pays membres, en particulier le Rwanda et parfois l’Ouganda, restent tumultueuses dans le contexte actuel.

Dans ces conditions, la rencontre d’Arusha pourrait devenir un espace de pression politique où certains États pousseront Kinshasa à privilégier davantage les solutions diplomatiques et les négociations régionales pour tenter de mettre fin aux hostilités dans l’Est du pays. De son côté, Kinshasa pourrait profiter de cette tribune pour pointer à nouveau la responsabilité du régime de Kigali, accusé de soutenir des groupes armés opérant dans l’est de la RDC et aujourd’hui sous sanctions américaines pour son rôle déstabilisateur.

Depuis plusieurs années, la Communauté d’Afrique de l’Est s’est impliquée dans la recherche d’une solution à cette crise à travers différentes initiatives, notamment le processus de Nairobi et les appels répétés à un cessez-le-feu. Les dirigeants de la région soutiennent généralement qu’une solution politique et diplomatique demeure la voie la plus durable pour résoudre le conflit.

Dans ce contexte, certains partenaires pourraient encourager la RDC à s’engager davantage dans les mécanismes régionaux de dialogue et dans les efforts de médiation en cours. Kinshasa pourrait également profiter de l’occasion pour appeler les pays voisins à cesser tout soutien aux groupes armés qui déstabilisent le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Au-delà de la crise sécuritaire, ce sommet revêt aussi une importance stratégique pour Kinshasa. La RDC représente le plus vaste territoire de la communauté et l’une des économies les plus prometteuses de la région. Le pays a donc intérêt à rester un acteur central au sein de l’organisation afin de peser sur les décisions liées à la sécurité, au commerce et aux infrastructures.

Toutefois, si les tensions politiques persistent, le risque existe de voir la RDC se retrouver isolée dans certaines discussions. Le sommet d’Arusha apparaît ainsi comme un moment diplomatique sensible où Kinshasa devra défendre ses positions tout en préservant ses intérêts au sein de la communauté régionale.

Charles Mapinduzi

RDC : Jean-Marc Kabund fustige le « faux débat constitutionnel » et accuse le pouvoir de détourner l’attention de la guerre à l’Est

L’opposant congolais Jean-Marc Kabund a vivement critiqué, ce vendredi 6 mars, le relancement du débat sur le changement de la Constitution en République démocratique du Congo. Sur son compte X, anciennement Twitter, il a affirmé que

« Relancer le faux débat sur le changement de la Constitution pour détourner l’attention des vrais problèmes du pays et repousser le dialogue politique inclusif, pendant que nos compatriotes meurent dans une guerre injuste, est moralement inacceptable et politiquement irresponsable ».

Selon lui, ce type de manœuvre politique détourne l’attention des crises humanitaires et sécuritaires qui affectent le pays.

Kabund a également mis en garde contre les conséquences de cette stratégie sur le processus de dialogue national : « Ceux qui retardent ce dialogue porteront la responsabilité historique de n’avoir pas agi à temps pour arrêter les massacres dans l’Est de notre pays et celle de la complicité dans l’occupation de notre pays par le Rwanda ». L’ancien président de l’Assemblée nationale estime que le report ou l’entrave au dialogue inclusif constitue un manquement grave envers les Congolais et leur sécurité, en particulier dans les régions affectées par les conflits armés.

Enfin, Jean-Marc Kabund a rappelé aux citoyens l’urgence de la situation dans l’Est du pays, dénonçant ce qu’il considère comme une occupation progressive :

« Nous tenons à rappeler à notre peuple que, pendant que ce débat irresponsable se tient au sommet de l’État, une partie du territoire national connaît une annexion de fait par le Rwanda. Pathétique ! »

Ses propos visent à alerter l’opinion publique et à mettre la pression sur les autorités pour qu’elles priorisent la paix et le dialogue politique sur les questions constitutionnelles.

Cedrick Katay Kalombo

RDC : 572 millions USD envolés en sept mois, les réserves de change en danger

Depuis l’entrée en fonction d’André Wameso à la tête de la Banque centrale du Congo (BCC) le 4 août 2025, les coussins financiers du pays subissent une érosion notable. Évaluées à 7,7 milliards USD à son arrivée, les réserves internationales sont retombées à 7,128 milliards USD au 24 février 2026, selon les dernières statistiques de l’Institut d’émission. Ce recul de 572 millions USD réduit la couverture des importations de biens et services de 2,94 mois à seulement 2,72 mois.

Cette baisse s’explique en partie par les interventions massives de la BCC sur le marché des changes. Pour stabiliser le franc congolais, plus de 200 millions USD ont été injectés ces six derniers mois. Si cette stratégie permet de limiter la volatilité immédiate de la monnaie nationale, elle suscite des critiques parmi les experts. Plusieurs observateurs estiment que ces réserves, au-delà de leur rôle d’amortisseur de chocs, devraient servir de levier pour la croissance en finançant des secteurs productifs.

Ce débat relance la comparaison avec les mandats précédents, notamment celui de Déogratias Mutombo (2013-2021), qui avait instauré des lignes de crédit à taux réduit pour soutenir l’agriculture et réduire la dépendance aux importations. Des analystes comme Jo Sekimonyo et Luc Alouma soulignent que la « modernité monétaire » ne peut se limiter à la simple stabilité des prix. Sans une transformation réelle de l’économie et une orientation stratégique des flux financiers, la stabilité du franc congolais risque de demeurer un « artefact » fragile plutôt qu’une conquête économique durable.

Guyvenant Misenge

Est de la RDC : Olivier Kamitatu salue la position de l’ICG et appelle à un dialogue politique national

Olivier Kamitatu, porte-parole de Moïse Katumbi, a réagi à la déclaration publiée le 5 mars par le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (ICG) sur la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans un message rendu public sur X ce vendredi, l’opposant congolais estime que cette prise de position constitue une étape importante dans la compréhension de la crise qui secoue l’Est du pays. Selon lui, les partenaires internationaux reconnaissent désormais clairement que la paix durable en RDC passe nécessairement par un dialogue politique intercongolais impliquant les principales forces politiques et sociales du pays.

Dans son analyse, Olivier Kamitatu affirme que les causes profondes du conflit dans l’Est sont en grande partie internes. Il cite notamment les problèmes de gouvernance, la crise de légitimité des institutions, l’exclusion politique, l’impunité et la marginalisation persistante de certaines communautés de l’Est. Pour lui, réduire cette crise à sa seule dimension régionale ou transfrontalière serait une erreur, car cela reviendrait à traiter uniquement les conséquences du conflit sans s’attaquer à ses racines profondes au sein même du système politique congolais.

L’opposant rappelle également que l’histoire politique de la RDC montre que les Congolais ont souvent réussi à surmonter leurs crises grâce au dialogue. Il évoque plusieurs processus politiques qui ont permis au pays de trouver des compromis dans les moments difficiles. Selon lui, un dialogue intercongolais inclusif demeure aujourd’hui la meilleure voie pour consolider les efforts diplomatiques en cours, notamment ceux liés aux accords de Washington et au processus de Doha. Olivier Kamitatu assure enfin que son camp politique est prêt à participer à un tel processus afin de contribuer à la recherche d’une paix durable en RDC.

Charles Mapinduzi