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CENCO : un évêque brise le silence et dénonce dérives, tribalisme et silences coupables

Une vive tension traverse l’Église catholique en République démocratique du Congo. Réuni à huis clos le 23 février à Kinshasa, l’épiscopat congolais a été secoué par l’intervention de Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda, évêque de Mbuji-Mayi, qui a vivement critiqué, « au nom de la vérité de l’Évangile », certaines prises de position de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo. Selon des indiscrétions ayant filtré de cette rencontre, le prélat a dénoncé l’absence de condamnation officielle des tueries attribuées au Rwanda ainsi que des massacres perpétrés par des groupes rebelles dans l’Est du pays, estimant que le silence de l’institution fragilise sa crédibilité morale.

Mgr Kasanda aurait également mis en cause des « arrangements » présumés lors de l’élection du président et du vice-président de la CENCO, pointant du doigt des pratiques internes qu’il juge contraires à l’éthique ecclésiale. Il aurait en outre dénoncé un tribalisme latent dans certaines nominations au sein des structures de l’Église, tout en condamnant la récente sortie sur la « stigmatisation des swahiliphones », qu’il considère comme dangereuse et susceptible d’attiser une insurrection populaire. Pour lui, l’Église ne peut se permettre d’alimenter des fractures identitaires dans un contexte national déjà marqué par de profondes tensions.

Ces prises de position, affirme l’évêque de Mbuji-Mayi, ont des conséquences spirituelles préoccupantes : elles feraient fuir les fidèles les plus fragiles, qui quittent l’Église ou perdent la fierté d’appartenir à la communauté catholique en RDC. En soulevant publiquement ces griefs, Mgr Kasanda ouvre un débat sensible sur la gouvernance interne et la posture politique de l’institution, à un moment où l’opinion attend des repères clairs face aux crises sécuritaires et sociales qui secouent le pays.

Gilbert Ngonga

RDC : Les dérapages sur Facebook et TikTok désormais dans le viseur des parquets

Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a annoncé mardi 3 février que les auteurs d’abus régulièrement enregistrés sur les réseaux sociaux seront désormais exposés à des poursuites judiciaires. Sont particulièrement visés les faits d’injures, de diffamation, de calomnies et d’atteintes aux bonnes mœurs, devenus récurrents dans l’espace numérique congolais. Selon le patron de la Justice, les parquets congolais sont instruits pour engager des actions, tant sur le territoire national qu’à l’étranger, contre toute personne se rendant coupable de tels actes.

Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par la montée des discours violents et des règlements de comptes virtuels, souvent amplifiés par la viralité des plateformes numériques. Le ministre a insisté sur la nécessité de responsabiliser les utilisateurs, rappelant que la liberté d’expression ne saurait se confondre avec la propagation de propos outrageants ou mensongers. Il a souligné que les infractions commises en ligne tombent sous le coup de la loi pénale au même titre que celles perpétrées dans l’espace physique.

En République démocratique du Congo, les exemples d’invectives publiques ne manquent pas, notamment dans le milieu musical où les rivalités artistiques dégénèrent fréquemment en attaques personnelles sur les réseaux sociaux. Les tensions entre Ferré Gola et Fally Ipupa, ou encore les passes d’armes verbales impliquant Héritier Watanabe et Fabregas le Métis Noir, illustrent cette dérive où les injures et propos dégradants circulent librement en ligne. Ces querelles, largement relayées et commentées, participent à banaliser un langage outrancier qui, désormais, pourrait exposer leurs auteurs à des poursuites judiciaires.

Par Gilbert Ngonga

Kinshasa : la DGRK fixe au 10 mars et au 31 mars 2026 les échéances fiscales du mois de février

La Direction Générale des Recettes de Kinshasa (DGRK) a publié, le 3 mars 2026 à Kinshasa, deux communiqués officiels rappelant aux contribuables leurs obligations fiscales pour le mois de février. Dans le premier document, l’administration fiscale urbaine précise que l’échéance pour la Retenue sur Loyers est fixée au plus tard au mardi 10 mars 2026. Sont concernés les contribuables, personnes physiques et morales, relevant notamment de la Direction des Impôts (DIM) ainsi que des Directions des Recettes de Gombe, Limete, Ngaliema Nord, Kinshasa et Barumbu.

La DGRK invite les assujettis à souscrire leurs déclarations en ligne via son portail numérique dédié, soulignant que tout non-respect des délais entraînera l’application des pénalités prévues par les dispositions légales et réglementaires en vigueur. « Celui qui paie mal, paie deux fois », rappelle l’administration, insistant sur la nécessité pour les contribuables de s’acquitter correctement et dans les délais de leurs obligations fiscales afin d’éviter amendes et majorations.

Dans un second communiqué, la DGRK fixe au mardi 31 mars 2026 l’échéance pour le paiement des droits, taxes et redevances dus à la Ville de Kinshasa, notamment la taxe d’enregistrement annuel des établissements de loisirs (casino, machines à sous, salles polyvalentes, entreprises de jeux), les frais de surveillance des véhicules de transport routier, la taxe sur l’autorisation annuelle de transport interurbain (taxi, taxi-bus, bus) ainsi que la taxe sur l’aménagement des parkings privés sur le domaine public urbain. À travers ces rappels, l’administration entend renforcer la discipline fiscale et mobiliser davantage de recettes pour le fonctionnement de la capitale congolaise.

Gilbert Ngonga

RDC : Cour des comptes durcit le ton et traque les gestionnaires défaillants

Lors de l’audience solennelle de rentrée judiciaire organisée ce mardi 03 mars 2026 à Kinshasa, le Premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga, a placé la redevabilité au cœur de la gouvernance en RDC. Devant un parterre de dignitaires, il a martelé que ce devoir constitue le « fondement irremplaçable d’une gouvernance financière saine, responsable et orientée vers l’intérêt général ». Pour le haut magistrat, cette obligation ne saurait être sélective : elle s’impose de manière globale et transversale à tous ceux qui gèrent les ressources publiques, des ministres aux mandataires des entreprises du portefeuille.

Face à l’inefficacité des mécanismes de contrôle interne, la Cour a annoncé un durcissement de ses actions pour le nouvel exercice judiciaire. Jimmy Munganga a précisé que l’institution « accentuera ses contrôles sur les entreprises du portefeuille et les établissements publics », rappelant que plusieurs mandataires comparaissent déjà devant la Chambre de discipline budgétaire. Ces derniers doivent répondre de fautes de gestion, notamment pour la non-transmission de leurs comptes annuels, une obstruction à la transparence que la Cour entend désormais sanctionner avec rigueur.

La cérémonie a également été marquée par la remise officielle du rapport public annuel 2024-2025 au Chef de l’État, Félix Tshisekedi. Ce document expose les irrégularités graves constatées et propose des recommandations pour corriger les dysfonctionnements du système financier. Saluant l’implication directe du Président dans le renforcement de l’institution, Jimmy Munganga a conclu que le respect de la redevabilité est le « gage d’une gouvernance fondée sur la légalité et l’intégrité », seul rempart efficace pour protéger les biens de l’État.

Guyvenant Misenge

Quand la rivalité musicale fait trembler la loi : Fally Ipupa et Ferre Gola visés

Le communiqué n°013/DMK/CAB/ME/MIN/J&GS/2026 signé le 3 mars 2026 par le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atundoko Andali, marque un tournant décisif : le cyberespace congolais n’est plus une zone de non-droit.

Derrière le langage juridique, le message est limpide : artistes, influenceurs, supporters et activistes numériques sont désormais avertis. La loi s’applique aussi en ligne.

Rivalités artistiques : quand les clashs dépassent la musique

La rivalité entre Fally Ipupa et Ferre Gola a longtemps alimenté l’actualité musicale congolaise. Si la concurrence artistique est légitime, les échanges indirects, les piques publiques et surtout les guerres numériques entre fanbases ont parfois franchi la ligne rouge.

Insultes, accusations non vérifiées, campagnes de dénigrement : les réseaux sociaux deviennent un ring permanent.

Même dynamique entre Fabregas Le Métis Noir et Héritier Watanabe, où la compétition musicale s’est régulièrement transformée en affrontements numériques alimentés par des entourages et des partisans particulièrement virulents.

Innos B – Gaz Mawete : la guerre des camps en ligne

Plus récemment, les tensions observées entre les camps de Inos B et Gaz Mawete ont illustré un phénomène devenu structurel : ce ne sont plus seulement les artistes qui s’opposent, mais des communautés numériques entières.

Chaque sortie médiatique, chaque prestation scénique, chaque rumeur devient prétexte à des vagues d’insultes, de moqueries et d’attaques personnelles.

Dans cet environnement, la viralité prime sur la responsabilité.

Influenceurs : l’économie du buzz par l’humiliation

Au-delà des musiciens, une culture du clash permanent s’est installée chez certains influenceurs congolais.

Lives incendiaires, règlements de comptes publics, attaques ciblant parfois des femmes, insinuations non prouvées : l’insulte devient un modèle économique. Plus le contenu choque, plus il génère de vues.

Et jusqu’ici, rares ont été les poursuites judiciaires.

Le communiqué du ministre répond à cette banalisation en rappelant que la loi pénalise la diffamation, les injures, la propagation de fausses informations, le harcèlement, l’incitation à la haine ainsi que les atteintes à la vie privée.

La fin du sentiment d’impunité ?

Le texte souligne un équilibre clair entre le respect de la liberté d’expression, le respect du principe de légalité, la proportionnalité des sanctions et la garantie du procès équitable, tout en précisant que les procureurs doivent engager des poursuites lorsque les infractions sont avérées, y compris en recourant à la coopération judiciaire internationale si les auteurs se trouvent à l’étranger.

Autrement dit : la justice veut désormais agir.

La Constitution garantit la liberté de critique, y compris lorsqu’elle est sévère, mais elle n’offre aucune protection contre l’humiliation publique ou les campagnes coordonnées de harcèlement. Cette distinction est essentielle pour comprendre les limites de la liberté d’expression dans l’espace numérique.

Lorsque des personnalités comme Fally Ipupa, Ferre Gola, Inos B ou Gaz Mawete se retrouvent, volontairement ou non, au centre de conflits en ligne, l’impact dépasse largement le simple cadre du divertissement. Ces clashes numériques deviennent des modèles suivis par des milliers de jeunes, qui reproduisent ces comportements sur les réseaux sociaux.

Face à cette réalité, une question sociétale se pose : le clash est-il en train de devenir une norme culturelle acceptée, ou la loi interviendra-t-elle pour établir un nouveau cadre, capable de réguler ces excès et de protéger les individus contre les dérives numériques ?

Un tournant pour le showbiz congolais

En réalité, le message de Guillaume Ngefa est un avertissement général : célébrité ou anonymat ne protègent pas contre la loi.

Si les poursuites annoncées sont effectivement mises en œuvre, le paysage numérique congolais pourrait entrer dans une nouvelle ère, plus régulée et juridiquement encadrée.

Gilbert Ngonga

Forum Mining Investment in Africa : La RDC expose sa stratégie de souveraineté minérale

La République démocratique du Congo a affirmé sa stratégie industrielle ce mardi 3 mars au Prospectors & Developers Association of Canada (PDAC) 2026, le rendez-vous majeur du secteur minier mondial. En marge de la convention, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a pris part au forum Mining Investment in Africa, où il a exposé la volonté de la RDC de ne plus se contenter de fournir des matières premières brutes.

« La manière dont nous valorisons nos ressources naturelles ne peut plus se limiter à la simple extraction. Elle doit s’étendre à la connaissance, à la transformation et à la souveraineté industrielle et économique », a-t-il déclaré devant un parterre d’investisseurs et de décideurs africains.

Le ministre a insisté sur la nécessité de rompre avec le modèle économique traditionnel qui voyait l’Afrique exporter ses richesses pour racheter des produits finis.

« Nous devons inverser la tendance d’un modèle économique qui nous condamnait à exporter nos richesses brutes et à racheter des produits finis hors du continent », a-t-il souligné.

Il a également mis en avant le rôle des prospecteurs et développeurs dans cette dynamique industrielle : « Ces pionniers identifient nos gisements et structurent les projets qui seront les moteurs de notre industrialisation ». La vision congolaise vise à dépasser le modèle « mine-au-port » hérité du passé colonial et à faire des minerais un levier de développement durable.

« La République démocratique du Congo a choisi de faire de l’exploitation de ses minerais un levier de développement durable. Notre ambition est de devenir un acteur industriel central dans les chaînes de valeur mondiales des minerais et métaux de transition », a-t-il conclu.

Cedrick Katay Kalombo

Kasaï-Central : Cinq personnes tuées dans un accident entre un camion et une moto à Kazumba

Un grave accident de la circulation a coûté la vie à cinq personnes ce mardi 3 mars 2026 en milieu d’après-midi dans la province du Kasaï-Central. Le drame s’est produit vers 15h30 dans la commune rurale de Matamba, au niveau de Mpanda, dans le territoire de Kazumba.

Selon des sources locales concordantes, un camion en provenance de Kananga et se dirigeant vers Tshikapa est entré en collision avec une moto qui roulait en sens inverse, quittant Mfukumba pour rejoindre Kananga. Le choc, d’une rare violence, n’a laissé aucune chance à cinq personnes, décédées sur le coup. Le bilan provisoire fait état de quatre hommes et d’une femme parmi les victimes. Leurs identités n’ont pas encore été officiellement communiquées par les autorités compétentes. D’après des témoins présents sur les lieux, l’impact a été si brutal que certains corps ont été projetés à plusieurs mètres du point de collision, témoignant de la force de la collision.

Plusieurs autres passagers ont été grièvement blessés. Alertés, des habitants de Matamba et des usagers de la route se sont mobilisés pour porter secours aux survivants avant leur évacuation d’urgence vers le centre de santé local. Le personnel médical s’emploie à stabiliser les blessés, tandis que certains cas jugés critiques pourraient être transférés vers des structures hospitalières plus équipées à Kananga. Les circonstances exactes de l’accident restent à élucider. Des sources sur place évoquent notamment une possible vitesse excessive du camion ou une mauvaise manœuvre au moment du croisement. L’état de la chaussée, souvent décrié dans cette partie du territoire de Kazumba, pourrait également avoir contribué à la survenance du drame.

Fabrice Kabamba

Kivu oublié, Téhéran sous projecteurs : radiographie d’une indignation sélective

Alors que les yeux du monde sont rivés sur Téhéran et les frappes américano-israéliennes contre l’« axe de la résistance », l’Est de la République Démocratique du Congo s’enfonce dans une violence trentenaire. Entre indignation sélective et géopolitique à géométrie variable, la communauté internationale semble avoir choisi ses victimes.

Le contraste est saisissant, presque brutal. Depuis février 2026, l’escalade militaire entre l’Iran, Israël et les États-Unis occupe chaque minute des journaux télévisés. Les chancelleries occidentales multiplient les condamnations, et le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence pour débattre de la « clarté morale » et du droit à l’autodéfense.

Pendant ce temps, à Kinshasa, cette séquence internationale alimente une amertume légitime. Dans les provinces orientales de la RDC, la guerre ne dure pas depuis quelques jours, mais depuis plus de trente ans, sous le regard détourné d’une communauté internationale prompte à s’enflammer pour le Moyen-Orient, mais aphone face au Kivu.

L’indignation à géométrie variable

La rapidité avec laquelle le monde se mobilise pour l’Iran révèle une réalité amère : toutes les vies ne se valent pas sur l’échiquier diplomatique. Pour l’Iran, on invoque la lutte contre la dictature et la déstabilisation régionale. Pourtant, cette même exigence s’évapore lorsqu’il s’agit du Rwanda.

Paul Kagame, au pouvoir depuis trois décennies, est accusé par Kinshasa et les experts de l’ONU de soutenir activement la coalition AFC/M23. Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO, a d’ailleurs interpellé le dirigeant rwandais ce mardi 3 mars : les mutations actuelles de l’ordre mondial devraient servir d’avertissement. Si les alliances bougent à Téhéran, elles pourraient aussi finir par se fissurer à Kigali.

L’hémorragie humaine et des chiffres vertigineux

L’ampleur du désastre en RDC rend le silence international criminel. Selon les rapports d’OCHA de février 2026 :

– Le pays compte désormais près de 6,5 millions de déplacés internes, un triste record mondial.

– Rien qu’en janvier 2026, 74 000 nouvelles personnes ont fui les combats.

– 80 % de ces déplacés sont des femmes et des enfants, entassés dans des camps de fortune alors que l’insécurité alimentaire frappe 25 millions de Congolais.

Peut-on vraiment croire que 2026 diffère de 1996 et marque la fin de l’impunité ?

L’histoire pèse lourd dans ce conflit. Beaucoup à l’international semblent encore voir la RDC à travers le prisme de la chute de Mobutu. Mais comme le rappelle fermement Jean-Claude Katende : « L’aventure de l’AFDL ne se répétera pas ». Le contexte de 1996, qui a permis des basculements de régimes avec un soutien régional et occidental opaque, est révolu.

La décision de Washington, annoncée ce lundi 2 mars, de sanctionner quatre hauts responsables militaires rwandais (dont le général Nyakarundi) marque peut-être un tournant. Bien que Kigali conteste ces sanctions, les qualifiant de « partiales », elles soulignent une vérité que le monde ne peut plus ignorer : le Rwanda est directement impliqué dans la déstabilisation de son voisin.

Le Conseil de l’impuissance

Il y a quelques jours, le Conseil de sécurité se réunissait en urgence pour les enfants victimes des frappes en Iran. Un geste louable. Mais qui réunit le Conseil avec la même ferveur pour les massacres de Kishishe ou les bombardements de zones civiles par l’AFC/M23 ?

Le message envoyé au peuple congolais est clair, votre souffrance est trop ancienne pour être une actualité, et vos ressources — coltan, or, cassitérite — sont trop utiles pour que l’on punisse réellement vos agresseurs. Ce « deux poids, deux mesures » n’est pas seulement une injustice diplomatique ; c’est un moteur de désespoir.

Tant que la communauté internationale refusera de traiter l’agression de la RDC avec la même rigueur que les conflits au Moyen-Orient ou en Europe, elle restera l’architecte silencieux d’un pillage à ciel ouvert. La « clarté morale » ne peut s’arrêter aux frontières de l’Afrique.

Guyvenant Misenge

Kinshasa : Jean-Pierre Bemba lance l’offensive contre 34 000 camions de remblais illégaux à Kingabwa

Le Vice-Premier ministre et ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a officiellement lancé ce mardi 03 mars, les opérations de désensablement et de réhabilitation du chenal de Kingabwa, à Kinshasa, gravement obstrué par des actes d’incivisme.

La dépêche du ministère de transport exploité par votre média indique que sur place, Bemba était accompagné du ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba Mwana Nshiya, du Général Stasin Kizimu Mbuyu, commandant de la 14ᵉ région militaire, ainsi que du directeur général de la Régie des voies fluviales (RVF), Daniel Lwaboshi, et de son directeur technique, Cédric-Luc Tschumbu.

La délégation a constaté l’ampleur des dégâts causés par un remblayage massif et illégal du chenal.Selon les autorités, près de 34 000 camions de sable et de gravats ont été déversés ces dernières années afin de créer illégalement des parcelles constructibles, avec la complicité présumée d’agents des services fonciers ayant délivré des autorisations irrégulières.

La même source souligne que cette obstruction a perturbé l’écoulement naturel des eaux du fleuve, entraînant l’assèchement progressif de plusieurs ports de la capitale et paralysant une partie des activités portuaires.
Le gouvernement entend désormais restaurer la navigabilité du chenal et engager des poursuites contre les auteurs de ces pratiques, afin de préserver les infrastructures fluviales stratégiques du pays.

Jérémie Ngunga Léman

RDC : Guillaume Ngefa rappelle les limites légales de l’usage des réseaux sociaux

Le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, a rappelé mardi 3 mars que l’utilisation des réseaux sociaux et des plateformes numériques en République démocratique du Congo doit s’inscrire dans le strict respect du cadre légal en vigueur. Dans un communiqué officiel, il a souligné que les interactions sur des plateformes telles que TikTok, Facebook, X ou encore WhatsApp sont soumises aux dispositions du Code du numérique, du Code pénal ainsi qu’aux principes consacrés par la Constitution.

Selon le Garde des Sceaux, plusieurs comportements observés en ligne tombent sous le coup de la loi.

« Sont notamment pénalement réprimés la diffamation, la propagation de fausses informations, le harcèlement, les menaces, les injures, l’incitation à la haine, ainsi que toute atteinte à la vie privée ou à la dignité de la personne », a précisé Guillaume Ngefa.

Le ministre insiste sur le fait que l’espace numérique ne constitue pas une zone de non-droit et que les libertés d’expression et d’opinion s’exercent dans le respect des droits d’autrui et de l’ordre public.

Il a également averti que tout auteur d’infractions commises en ligne, qu’il se trouve sur le territoire national ou à l’étranger, s’expose à des poursuites conformément aux lois de la République. Ces procédures, a-t-il assuré, seront conduites dans le respect des garanties fondamentales, notamment le droit à un procès équitable, le principe de légalité des infractions et des peines ainsi que celui de proportionnalité des sanctions.

Fulgence Mavula