Dans la matinée de ce dimanche 21 septembre vers 05h50, l’aéroport international de Ndjili (Kinshasa) a subi une coupure d’électricité. Selon Kin Kiey Mulumba, président du Conseil d’Administration de la Régie des Voies Aériennes (RVA-SA), les équipements datant de 2014 n’ont pas pu reprendre automatiquement le relais.
L’origine du problème
D’après le PCA de la RVA-SA, la coupure est survenue après le départ du président Félix Tshisekedi, dans des circonstances encore inexpliquées. Les équipements de secours — notamment l’inverseur de charge — ne sont plus fiables car arrivés en obsolescence. En conséquence, la RVA-SA envisage d’abandonner le recours à la SNEL (Société Nationale d’Électricité) pendant la nuit et de fonctionner avec les groupes électrogènes pour les coupures, mais cela implique un renouvellement urgent du matériel défectueux.
La récente précédente coupure et la suspension
Cette nouvelle panne intervient alors qu’une coupure longue avait déjà eu lieu le 11 septembre 2025, de 00h24 à 05h20, plongeant l’aéroport dans le noir total. Ce jour-là, plusieurs avions ont dû être détournés vers Brazzaville. L’aéronef transportant le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui revenait d’Astana (Kazakhstan), était en phase d’atterrissage pendant cette panne. Heureusement, malgré l’obscurité, l’atterrissage s’est déroulé sans incident majeur.
À la suite de cet incident du 11 septembre, des sanctions ont été engagées : le commandant de l’aéroport de Ndjili a été suspendu, pour ne pas avoir respecté les instructions concernant l’achat de l’inverseur de charge adéquat, et pour la gestion du protocole d’urgence en cas de panne. Plus récemment (seulement quelques jours avant la panne du 05h50 de ce matin), le directeur général de la RVA-SA, Léonard Ngoma Mbaki, a lui-même été suspendu pour trois mois à titre conservatoire, en raison d’indices de fautes de gestion liés à ces incidents.
Le voyage de Félix Tshisekedi : où s’envolait-il ?
Ce dimanche 21 septembre 2025, le président congolaise Félix-Antoine Tshisekedi est arrivé à New York (États-Unis), accompagné de la Première Dame et de membres de son gouvernement, pour participer à la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies.
Le programme prévoit notamment :
des activités de commémoration du 80ᵉ anniversaire de l’ONU sous le thème « Mieux ensemble : plus de 80 ans au service de la paix, du développement et des droits humains ».
son discours à l’Assemblée générale prévu pour le mardi 23 septembre (heure de Congolais : 19h Kinshasa)
la participation à divers rendez-vous bilatéraux ainsi qu’à des discussions sur des enjeux majeurs : sécurité, développement, droits humains, et plus spécialement la reconnaissance du « Génocost » congolais.
Analyse et perspectives
L’enchaînement des coupures à l’aéroport de Ndjili, surtout celles qui coïncident avec des déplacements présidentiels, soulève plusieurs questions :
la fiabilité des équipements de secours — on évoque le matériel obsolète, le manque d’inverseur fiable ou l’improvisation de dépannage de nuit ;
la planification et la maintenance préventive : si les responsabilités se confirment, il y aurait des manquements dans les chaines de commandement ou de suivi technique ;
l’image nationale et internationale : des pannes à l’aéroport principal du pays pendant des moments sensibles (retour du président, arrivée de vols internationaux) affectent la crédibilité de l’État, tant devant les citoyens que sur la scène diplomatique.
Gilbert Ngonga