Constant Mutamba : Le prix amer du courage politique ?
Alors qu’une étape cruciale de son procès s’ouvre, l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, semble en passe de devenir le symbole d’un sacrifice politique au sein du régime Tshisekedi. Accusé de détournement de fonds publics, il risque dix ans de travaux forcés. Derrière ce procès retentissant, une question tourmente l’opinion : Mutamba est-il payé en monnaie de singe pour son audace politique ?
Un procès à forte odeur politique
Ce mercredi 13 août 2025, la cour a entamé la phase des plaidoiries dans l’affaire opposant Constant Mutamba au ministère public. L’ex-ministre de la Justice est poursuivi pour le détournement présumé de 19 millions de dollars américains destinés à la construction d’une prison à Kisangani.
Le ministère public n’a pas mâché ses mots : dix ans de travaux forcés ont été requis. Selon les procureurs, les fonds auraient été transférés irrégulièrement depuis le compte FRIVAO du ministère de la Justice vers une entreprise fantôme, Zion Construct, sans validation du Conseil des ministres, de la Première ministre, ni avis de non-objection exigé par la loi.
Une carrière brisée par le rêve de réforme ?
Pour de nombreux observateurs, ce procès dépasse largement le simple cadre juridique. Constant Mutamba, connu pour son franc-parler et sa volonté d’introduire une nouvelle façon de faire de la politique, paierait aujourd’hui le prix fort de son engagement.
Plusieurs voix dénoncent une élimination politique déguisée, pointant un système qui ne tolère pas les initiatives individuelles ni les ambitions jugées trop indépendantes. Celui qui fut présenté comme un jeune réformateur est désormais isolé, discrédité et menacé d’une lourde peine.
Un homme payé en monnaie de singe ?
Ceux qui l’ont soutenu par le passé s’interrogent : Mutamba est-il abandonné par ceux qu’il a défendus ? Celui qui contribua activement à la consolidation de l’Union sacrée de la Nation se retrouve aujourd’hui sans véritable appui politique visible.
Dans les coulisses, des sources évoquent une volonté de le neutraliser définitivement, alors qu’il représentait une menace potentielle pour certains barons du pouvoir. Une mise à l’écart qui, pour ses partisans, s’apparente à une trahison pure et simple.
L’heure du verdict : dernier espoir pour Mutamba
Après les plaidoiries, l’affaire a été mise en délibéré. Le verdict est attendu le 27 août prochain, un moment crucial pour tenter de renverser la tendance d’un dossier que beaucoup considèrent déjà scellé politiquement plus que juridiquement.
Quel sort sera réservé à celui que certains surnomment déjà « le sacrifié du système » ? Ce procès pose une question plus large : peut-on encore faire de la politique avec intégrité et courage en RDC sans en payer le prix fort ?
La suite dira si la justice prévaudra… ou si ce dossier viendra assombrir encore un peu plus le tableau de la gouvernance congolaise.
Voldy Matiafu