La Commission diocésaine Justice et Paix (CDJP) de l’archidiocèse de Kinshasa a révélé, dans un rapport publié le mercredi 12 novembre 2025 sous le thème « Le poids du silence », que plus de 280.000 déplacés internes ont été enregistrés entre juin 2024 et octobre 2025 dans les provinces issues de l’ex-Grand Bandundu — à savoir le Maï-Ndombe, le Kwango, le Kwilu — ainsi qu’au Kongo Central et à Kinshasa. Ces déplacements massifs sont la conséquence directe des violences perpétrées par la milice Mobondo, dont les exactions se poursuivent depuis 2023.
Selon la CDJP, le phénomène Mobondo a gravement perturbé la vie socio-économique des populations, notamment celles du Plateau de Bateke, confrontées à des pénuries alimentaires sans précédent après avoir perdu sept saisons agricoles. Les miliciens interdisent aux paysans d’accéder à leurs champs, provoquant ainsi une crise humanitaire majeure, marquée par au moins 2.980 cas de malnutrition aiguë sévère enregistrés dans six aires de santé du Plateau de Bateke entre juin 2024 et octobre 2025. Face à cette situation, la directrice de la CDJP, Perpétue Makiesse, appelle à une implication urgente de l’État pour des solutions durables.
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Le rapport dénonce également les tracasseries militaires dont sont victimes les populations déplacées, notamment sur l’axe Kinshasa–Mbankana, où des barrières illégales sont érigées par certains éléments de l’armée. Ces pratiques aggravent la précarité des victimes déjà éprouvées par les violences de la milice Mobondo et appellent, selon la CDJP, à une action concertée entre les autorités civiles, militaires et religieuses pour restaurer la paix dans la région.
Rodriguez Kikamba
