À l’issue du Conseil des ministres tenu ce vendredi 6 juin, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a présenté les grandes lignes de la communication du président de la République relative à la création d’un Fonds souverain pour la République démocratique du Congo (RDC). Cette initiative stratégique vise à valoriser les ressources naturelles du pays dans un contexte mondial marqué par de profondes mutations économiques.
« La communication du président de la République a porté sur la mise en œuvre du Fonds souverain de la République démocratique du Congo. Face aux mutations économiques mondiales et à la compétition accrue pour les ressources naturelles, le président estime que notre pays doit impérativement transformer sa richesse en outil de souveraineté, de stabilité et de prospérité partagée », a déclaré Patrick Muyaya.
Dans cette optique, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’une gouvernance exemplaire et d’institutions fortes pour garantir une transformation durable des ressources du pays.
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« Notre richesse n’a de valeur réelle que si elle est transformée grâce à des politiques visionnaires, des institutions solides et une gouvernance rigoureuse. C’est dans cet esprit qu’a été mis en place le Fonds minier pour les générations futures, afin de préserver une part des revenus au profit des générations à venir », a-t-il ajouté.
Le président a estimé qu’il est désormais temps pour la RDC de se doter d’un outil plus ambitieux :
« Le moment est venu pour notre pays de créer un Fonds souverain, un véritable instrument de transformation économique, qui sera alimenté par le FOMIN (Fonds minier pour les générations futures) ainsi que par d’autres structures nationales génératrices de ressources publiques », a précisé Patrick Muyaya.
Ce fonds aura pour vocation de renforcer la résilience économique du pays grâce à une gestion stratégique des revenus miniers. Il s’agira notamment d’investir une part de ces revenus sur les marchés internationaux afin d’en accroître la valeur, tout en finançant à long terme des infrastructures essentielles : routes, hôpitaux, écoles, barrages, zones industrielles, ou encore projets agricoles structurants.
Le fonds aura également une dimension sociale et économique interne :
« Il soutiendra la diversification de l’économie par l’innovation, l’industrialisation, le développement des PME et de l’entrepreneuriat local. Il constituera une épargne intergénérationnelle pour transmettre un capital productif aux générations futures, stabilisera l’économie face à la volatilité des prix des matières premières, et appuiera les programmes prioritaires du développement local dans les 145 territoires », a expliqué le porte-parole.
Pour garantir son efficacité et sa transparence, le Fonds devra se conformer aux meilleures pratiques internationales.
« Le président de la République a précisé que le Fonds souverain agira de manière agile et stratégique, en conformité avec les principes de Santiago, qui garantissent transparence, indépendance et performance. Ce Fonds devra incarner la volonté nationale de bâtir une économie résiliente et souveraine, affranchie de la dépendance à l’aide extérieure ou à la rente immédiate », a-t-il déclaré.
Des instructions précises ont été données en vue de finaliser le cadre légal du Fonds. La Première ministre, en collaboration avec les ministres de l’Économie nationale, du Plan, des Finances, des Mines, et la gouverneure de la Banque centrale, a été chargée d’élaborer un projet de texte définissant la création, l’organisation et le fonctionnement du Fonds souverain.
Le président de la République a insisté sur l’importance de faire de ce fonds un instrument stratégique et durable.
« Ce projet devra traduire notre ambition collective de doter la nation d’un instrument souverain, performant et pérenne, capable de transformer nos ressources naturelles en richesses productives, de soutenir une croissance inclusive et de garantir à notre jeunesse un avenir à la hauteur de son potentiel », a rapporté Patrick Muyaya.
Ce nouvel instrument financier s’inscrit dans la volonté du chef de l’État de consolider l’indépendance économique de la RDC, tout en préparant un avenir prospère pour les générations futures.
« Il s’agira d’un levier structurant pour consolider notre indépendance économique, impulser le développement à long terme et bâtir dès aujourd’hui l’héritage des générations futures », a-t-il conclu.
Par Cedrick Katay Kalombo
