La neuvième édition des Jeux de la Francophonie tenue du 28 juillet au 6 août a récolté un franc succès. La RDC, sous le leadership de son chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, en sort revigorée et auréolée de diadèmes et trophées. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître.
Toute la nation en est aujourd’hui très fière. On aurait bien voulu que l’air Francophonie souffle encore pendant longtemps sur Kinshasa, la ville ayant connu dix jours magiques avec ces olympiades du monde francophone.

Cependant, à la place de dresser un rapport bilan de plus de 64 millions US que le gouvernement attend de lui, Isidore Kwandja, directeur national Comité national des IXès Jeux de la Francophonie, détourne l’attention de l’opinion congolaise et des autorités hiérarchiques en s’appropriant, tout seul, le succès dans l’organisation de ces jeux, crachant au passage sur les efforts déployés par le principal artisan et l’initiateur de ce projet, Félix-Antoine Tshisekedi, alias FATSHI-BETON, le superviseur du Comité de pilotage des jeux, le Premier ministre, Sama Lukonde, les membres du Comité de pilotage, le duo manager communicateur Patrick Muyaya -Jésus-Noël Sheke, les artistes, athlètes et leurs staffs respectifs qui ont raflé plus d’une trentaine de médailles en dépit de mauvaises conditions de préparation, sans oublier d’autres héros dans l’ombre dont les entreprises de construction des infrastructures sportives.
Qu’est-ce qui se cacherait derrière cette vaste auto-évaluation et cette publicité gros plan d’Isidore Kwandja à travers de nombreux panneaux publicitaires installés à travers la capitale, volant ainsi la vedette au Chef de l’État?
Que cacherait bien cette machination de mauvais goût en se mettant exergue, avec portrait en miniature à peine visible dans le coin droit du panneau avec inscription « Voici l’homme qui a réalisé la volonté du Chef ». Qu’est-ce qui aurait motivé Kwandja à multiplier ses gaffes ?
Selon ses troubadours qui insulteraient les adjoints de Kwandja par leurs messages anonymes dans les réseaux sociaux et certains communicateurs à sa solde recrutés parmi les professionnels des médias pour faire sa publicité, Isidore Kwandja serait personnellement congratulé de vive voix par la haute hiérarchie et s’attendrait à une autre nomination.
Et ces panneaux sont réalisés pour sa publicité personnelle et privée avec l’argent du contribuable congolais pour justifier les dépenses alors que les Jeux ont déjà pris fin.
Qui lui a dit qu’il était « l’homme qui a réalisé la vision du Chef » ?
Selon ses proches collaborateurs, ce fonctionnaire, qui a fait du CNJF sa mine d’or et sa boutique privée, doit rendre compte de la cagnotte mise à sa disposition.
Pour les observateurs avertis, c’est une fuite en avant au regard de plusieurs soupçons de détournements des deniers publics qui pèsent sur lui, en termes de surfacturations, rétro commissions allant de 25 à 50% retenues à la source, de contrats léonins sur les baux à loyer des bureaux du CNJF, sur les acquisitions des équipements informatiques, équipements sportifs, l’habillement des bénévoles, les ambulances du type C non conformes au cahier des charges, les retenus de 14% sur les paiements des prestataires sous prétexte fallacieux des taxes dues au Trésor public, mais non versées, les magouilles dans l’octroi des marchés publics de gré à gré aux prestataires dont la société française Vivendi Sports en défaveur des restaurateurs nationaux. Alors qu’au bout du compte Vivendi a finalement recouru pour la sous traitance et Activa Assurance, une société privée au détriment de la Sonas, société de l’État congolais qui avait candidaté et rempli les conditions d’éligibilité, ainsi qu’à ses proches et « protecteurs complices » à la Présidence de la République, le non- paiement des indemnités de sortie des experts pourtant nommés par des arrêtés ministériels, mais virés illégalement sans motif et sans notification à un mois de la tenue des jeux, avec la bénédiction du VPM en charge de la Francophonie pour les remplacer par les membres de leurs familles biologiques et politiques, le non- paiement des salaires du mois de juillet à certains cadres, sur instruction verbale mal donnée aux responsables d’Equity Bank dont Sandy Yembe et Alexandre Mukendi, sans réel motif évoqué.
Ce dernier venait de recouvrer ses droits sous la pression des services de sécurité où il a dernièrement porté plainte.
Autant de griefs non encore justifiés mis à la charge du comité Isidore Kwandja dont la fuite vers le Canada, son pays d’adoption, serait à craindre, susurre-t-on dans les couloirs de l’immeuble Sky, situé sur avenue de la Justice, à Kinshasa Gombe, derrière Restaurant chez Paul.
Les services compétents de la Présidence de la République, l’institution politique sous laquelle est placé le CNJF et l’Inspection générale des finances sont ici interpellés pour enquêter sur la gestion opaque des ressources humaines, matérielles et financières décriée au sein du Comité National des IXes Jeux de la Francophonie depuis l’avènement d’Isidore Kwandja qui aurait placé les membres de sa famille biologique et ceux du VPM Lutundula a des postes juteux tels que les services des finances, des ressources humaines, de la caisse et de l’intendance, ainsi que certains départements et commissions dont la commission bénévolat où l’on déplore déjà le présumé détournement des frais de transports (20$ par jour) pendant 10 jours de plus de mille bénévoles recrutés qui n’ont reçu que 10$/j pendant trois jours, selon les plaintes enregistrées.
C’est donc autour de toutes ces bévues et tous ces abus de pouvoir que Kwandja doit être entendu pour enfin mériter du certificat de l’homme qui a « réalisé la volonté du Chef ».
Dossier à suivre.
CP