Kinshasa, terrain fertile des nouvelles formes d’escroquerie. Plus les jours passent, plus les stratégies d’arnaque se perfectionnent dans la capitale congolaise.
À Kinshasa, certains individus sans scrupules multiplient les vols et surtout les escroqueries, ciblant des lieux à forte concentration humaine. Du rond-point Victoire à Ngaba, en passant par Super Lemba, l’UPN et plusieurs marchés populaires, les Kinois sont désormais confrontés à une nouvelle pratique frauduleuse qui fait des ravages. Son nom est désormais bien connu dans le jargon populaire : « Kwanga ».
« Kwanga » : un mot, une arnaque bien rodée
En Lingala, Kwanga signifie Chikwangue. Mais dans la rue kinoise, ce terme a pris une tout autre connotation. Il désigne aujourd’hui une escroquerie organisée autour de faux téléphones portables, savamment mise en scène pour tromper des clients pressés et attirés par des prix défiant toute concurrence.
Le mode opératoire des vendeurs de “Kwanga”
Le stratagème est aussi simple qu’efficace. Les escrocs abordent leurs victimes sur des rond-points ou dans des marchés, proposant des téléphones de grandes marques comme Samsung, iPhone, Tecno et autres à des prix dérisoires. Un appareil qui coûte normalement 300 à 400 dollars américains dans des maisons fiables est proposé à 30 ou 50 dollars seulement.
Pour rassurer le client, les arnaqueurs présentent d’abord un véritable téléphone, parfaitement fonctionnel. La victime vérifie l’appareil, constate sa qualité et, convaincue par la “bonne affaire”, accepte de conclure la transaction. C’est à ce moment précis que tout bascule.
Le piège au moment décisif
Sous une habileté déconcertante, les escrocs procèdent à un échange rapide : le vrai téléphone est subtilement remplacé par une fausse réplique, la fameuse Kwanga. Après l’échange, ils mettent la pression sur le client en lui demandant de ne plus vérifier le téléphone, prétextant que tout a déjà été contrôlé et que l’appareil est en parfait état. Pressée par la foule, séduite par le prix et parfois intimidée, la victime s’éloigne sans se douter du piège.
Une découverte amère et humiliante
Ce n’est qu’après coup que la vérité éclate. En tentant de rallumer ou d’examiner le téléphone, la victime découvre avec stupeur qu’il ne s’agit que d’un simple revêtement vide, rempli de sable, collé à l’extérieur pour imiter le poids et la forme d’un vrai appareil. Pas de batterie, pas de composants électroniques, rien de fonctionnel. Un objet entièrement fabriqué dans le seul but d’escroquer. C’est cela que les Kinois appellent désormais, avec amertume, la “Kwanga”.
Un phénomène devenu alarmant à Kinshasa
Aujourd’hui, cette pratique est devenue très récurrente dans la ville de Kinshasa. Plusieurs personnes, jeunes comme adultes, ont déjà été victimes de cette arnaque de mauvais goût. Le phénomène prospère grâce à la pauvreté, au chômage, à l’attrait des bonnes affaires et surtout à l’absence de contrôles stricts dans certains espaces publics.
Jusqu’à quand ?
Face à la montée en puissance de cette escroquerie, une question brûle toutes les lèvres : Jusqu’à quand ces pratiques continueront-elles à ternir le quotidien des Kinois ?
Entre sensibilisation de la population, vigilance individuelle et intervention des autorités compétentes, la lutte contre le phénomène Kwanga s’impose désormais comme une urgence pour protéger les citoyens et restaurer un minimum de confiance dans les échanges commerciaux informels de la capitale.
Voldy Matiafu