Un délestage de plus. Une coupure de trop. Le quotidien des Congolais reste marqué par l’instabilité chronique de la fourniture en électricité. Mais un nouveau tandem, composé d’un politicien chevronné et d’un technicien aguerri, vient d’être désigné par le Président de la République pour s’attaquer à ce problème endémique. Aimé Sakombi Molendo, ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, et Teddy Lwamba, nouvellement nommé directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), forment un duo inattendu, sur qui reposent désormais les espoirs d’une nation.
Un paradoxe électrique
La République démocratique du Congo (RDC) dispose d’un potentiel hydroélectrique colossal, estimé à plus de 100 000 MW. Pourtant, seule une infime partie de cette capacité est exploitée. Le taux national de desserte reste bloqué à un niveau critique, autour de 19 %, laissant la grande majorité de la population dans l’obscurité, en particulier en zones rurales.
Le problème ne vient pas des ressources. Le fleuve Congo à lui seul pourrait illuminer une bonne partie du continent. Mais le cœur du système, constitué par les barrages d’Inga I et II, est sous-exploité et souffre d’un manque chronique de maintenance. À cela s’ajoute un réseau vétuste et lacunaire, générant des pertes d’énergie massives et incapable de couvrir tout le territoire.
Un attelage politico-technique
Dans ce contexte, le choix du Président Félix Tshisekedi prend tout son sens. Teddy Lwamba, ingénieur électromécanicien de formation, ancien ministre du secteur et ex-directeur général adjoint de la SNEL, connaît intimement les rouages de l’entreprise. Sa nomination à la tête de la société publique sonne comme un signal fort : la présidence mise sur l’expertise technique pour redresser la compagnie de l’intérieur.
En parallèle, Aimé Sakombi Molendo aura pour rôle de fixer l’orientation politique, de conduire la réforme du cadre législatif et de mobiliser les financements. Sa mission sera aussi de créer un environnement attractif pour les investisseurs privés, indispensables à la modernisation du secteur.
Ce tandem incarne une approche complémentaire : Lwamba pour l’action opérationnelle et la réhabilitation des infrastructures, Molendo pour la vision stratégique et la diplomatie financière. Leur réussite dépendra de leur capacité à travailler en synergie, à surmonter les pesanteurs administratives et à résister aux pressions politiques et économiques.
Entre espoir et scepticisme
Les chantiers sont immenses : réhabiliter les centrales existantes, sécuriser les investissements dans de nouveaux projets, notamment solaires pour l’électrification rurale, et réduire les pertes d’énergie. Pour la SNEL, l’enjeu est double : restaurer la confiance des usagers et assainir une gestion financière plombée par des décennies de déficit. Pour le gouvernement, il s’agit de démontrer que la RDC peut enfin transformer son potentiel en un service public digne du 21ᵉ siècle.
Les Congolais, eux, attendent des résultats concrets : la fin des coupures incessantes et l’accès à une électricité stable. Le défi est immense, mais le duo Molendo-Lwamba tient désormais les clés d’un secteur dont dépend en grande partie l’avenir du pays.
Guyvenant Misenge