Pour n’avoir pas pu enrôler les électeurs dans les territoires troublés de Masisi, Rutshuru (Nord-Kivu) et Kwamouth (Maï-Ndombe), la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a réservé 16 sièges pour ces provinces, en raison 02 pour Kwamouth, 07 pour Masisi et 07 pour Rutshuru. Pour le député Boris Mbuku Laka, si on considère la guerre comme motif de solidarité, il y a lieu aussi de considérer le mauvais enrôlement comme motif de solidarité, notamment pour les circonscriptions qui ont perdu des sièges, cas d’Idiofa et Bulungu dans le Kwilu.
Un débat houleux a caractérisé les discussions autour du projet de loi sur la répartition des sièges par circonscription pour les élections législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales au sein de l’hémicycle. L’Assemblée nationale y a consacré trois de ses plénières pour le débat général. Et parmi les interventions qui ont retenu l’attention, il y a celle du député national Boris Mbuku Laka, élu d’Idiofa, dans la province du Kwilu.
Parlant au nom de la province du Kwilu, l’élu d’Idiofa a fait remarquer que sa province a perdu des sièges par rapport au fichier électoral de 2018.
Le territoire d »Idiofa, le plus peuplé du pays, avait eu 7 sièges en 2006, 7 en 2011, 7 en 2018 et 6 en 2023.
« Un territoire du pays où il n’y a eu ni naissances, ni nouveaux majeurs, ni bagarres, rien du tout, mais qui perd un siège. Mais qu’est-ce qui se passe? », s’interroge l’élu du peuple.
Alors que, dans l’exposé des motifs de cette loi, il est stipulé que « l’évolution de la population électrice a conduit la CENI à organiser une refonte du fichier électoral qui a pris en compte les éléments ci-après : les personnes enroulées en 2006 et 2018 ; les électeurs potentiels ayant atteint la majorité d’âge depuis la dernière révision du fichier électoral ; les personnes qui auront 18 ans révolus au 31 décembre 2023 ».
Baisse de 39.469 électeurs à Idiofa
Malgré cette disposition, la province du Kwilu perdu des sièges. Outre Idiofa, le territoire de Bulungu en comptait 9 en 2006, 6 en 2011. Aujourd’hui, ce territoire s’en tire avec 5 sièges.
Et s’il faut considérer la variable « personnes enrôlées », le territoire d’Idiofa a enregistré 564.733 électeurs en 2018 et aujourd’hui, il n’en a totalisé que 525.264, soit une baisse drastique de 39.469 électeurs. Alors qu’à la suite des exactions de la milice Kamuina Nsapu, la province du Kwilu a connu un afflux massif de déplacés venus des provinces du Kasaï, avec des mariages qui se sont noués, et toutes les conséquences qui en découlent.
Et le député Boris Mbuku de s’interroger : « Comment dans cette condition, cette province peut enregistrer une baisse de la population électrice entre 2018 et 2023? »
A la lumière de cette loi, a poursuivi l’élu de Bulungu, « la CENI a proposé une solidarité pour les territoires de Masisi et Kwamouth. En vertu du principe d’égalité de l’équité, on peut étendre cette solidarité partout, surtout pour des circonscriptions qui ont perdu des sièges, sans raison ».
Pour étayer son argumentaire, Boris Mbuku Laka a confié que le député Fumany, président du caucus des députés du Kwilu, avait attiré l’attention de la Centrale électorale sur le processus d’identification et enrôlement des électeurs dans le Kwilu, avec des machines tout le temps en panne. Rien n’a été fait pour corriger ou améliorer les conditions.
Corriger l’injustice
Si d’un côté, on a considéré la guerre comme motif de solidarité, il y a lieu aussi de considérer le mauvais Enrôlement comme motif de solidarité. Avant d’appeler a vite corrigé une injustice consacrée dans ce texte.
« On ne peut pas avoir, dans une même loi, certains territoires avec 18 mille électeurs, mais ayant 8 sièges. Personne ne comprend ça, surtout quand on n’a pas lu l’exposé des motifs », a expliqué l’élu de Bulungu.
Avant de porter la voix de son électorat en ces termes : « Le Kwilu demande à la CENI de lui restituer ses sièges ».
Au finish, le projet a été déclaré recevable à l’issue de la plénière du mercredi 31 mai dernier. La Commission travaille là-dessus en vue de rendre ses conclusions au plus tard ce samedi 3 juin.
St Augustin K.